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Conclusion du conseil européen extraordinaire de Bruxelles sur la Géorgie

Voici la conclusion du conseil européen extraordinaire sur la Géorgie qui s’est terminé le 1er septembre

1.   Le Conseil européen est gravement préoccupé par le conflit ouvert qui a éclaté en Géorgie, par les violences qu’il a entraînées et par la réaction disproportionnée de la Russie. Ce conflit a provoqué de grandes souffrances de part et d’autre. De telles actions militaires ne sont pas une solution et ne sont pas acceptables. Le Conseil européen déplore les pertes de vies humaines, les souffrances infligées aux populations, le nombre de personnes déplacées ou réfugiées, et les dégâts matériels considérables.

2.   Le Conseil européen condamne fermement la décision unilatérale de la Russie de reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Cette décision est inacceptable et le Conseil européen appelle les autres Etats à ne pas reconnaître ces indépendances proclamées et demande à la Commission d’examiner les conséquences concrètes à en tirer. Il rappelle qu’une solution pacifique et durable des conflits en Géorgie doit être fondée sur le plein respect des principes d’indépendance, de souveraineté et d’intégrité territoriale reconnus par le droit international, l’Acte final de la Conférence d’Helsinki sur la sécurité et la coopération en Europe et les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

3.   Le Conseil européen souligne que chaque Etat en Europe a le droit de déterminer librement sa politique étrangère et ses alliances, dans le respect du droit international et des principes de bon voisinage et de coopération pacifique. Il est également légitime que les intérêts de sécurité de chacun soient pris en compte, dès lors que les principes fondamentaux de respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance des Etats sont respectés.

4.   Le Conseil européen se félicite que l’accord en six points obtenu le 12 août sur la base des efforts de médiation de l’Union européenne ait débouché sur un cessez-le-feu, sur un meilleur acheminement de l’aide humanitaire aux victimes, et sur un retrait substantiel des forces militaires russes. La mise en œuvre de ce plan doit être complète. Le Conseil européen appelle les parties à poursuivre la mise en œuvre intégrale et de bonne foi de l’accord auquel elles ont souscrit. Les forces militaires qui ne se sont pas encore retirées sur les lignes antérieures au déclenchement des hostilités doivent le faire sans délai. Au delà de l’assistance aux victimes, l’urgence est à présent de mettre au point le mécanisme international de supervision, auquel l’Union est prête à participer, prévu au point 5 de l’accord pour remplacer les mesures additionnelles de sécurité russes dans la zone adjacente de l’Ossétie du Sud. L’urgence est aussi d’engager les discussions internationales prévues au point 6 de l’accord sur les modalités de sécurité et de stabilité en Abkhazie et en Ossétie du Sud.

5.   L’Union européenne est prête à s’engager, y compris par une présence sur le terrain, pour soutenir tous les efforts en vue d’une solution pacifique et durable des conflits en Géorgie. A cette fin les Etats membres de l’Union européenne contribuent de manière significative au renforcement de la mission d’observation de l’OSCE en Ossétie du Sud, par l’envoi d’observateurs et par des contributions matérielles et financières substantielles. L’Union européenne a également décidé l’envoi immédiat d’une mission exploratoire chargée de
contribuer au recueil d’information et de préciser les modalités d’un engagement renforcé de l’Union européenne sur le terrain, au titre de la politique européenne de sécurité et de défense. Le Conseil européen invite les instances compétentes du Conseil à mener à bien l’ensemble des travaux préparatoires nécessaires pour qu’une éventuelle décision d’engagement d’une telle mission d’observation puisse être prise par le Conseil dès le 15 septembre, en fonction des développements de la situation, et en étroite coordination avec l’OSCE et les Nations unies. A cette fin le Conseil européen demande au Président du Conseil et au SG/HR d’entreprendre tous les contacts et travaux nécessaires.

6.   L’Union européenne a déjà apporté une aide d’urgence. Elle est disposée à apporter une aide à la reconstruction en Géorgie, y compris dans les zones d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie. Elle est prête à soutenir des mesures de confiance et le développement de la coopération régionale. Elle décide également de renforcer sa relation avec la Géorgie, y compris à travers la facilitation des visas et la mise en place éventuelle d’une zone de libre-échange complète et approfondie dès que les conditions en seront réunies. Elle prendra l’initiative de réunir à bref délai une conférence internationale en vue d’aider à la reconstruction de la Géorgie et demande au Conseil et à la Commission d’en engager la préparation.

7.   Le Conseil européen note avec préoccupation l’impact de la crise actuelle sur l’ensemble de la région. L’Union européenne considère qu’il est plus nécessaire que jamais de soutenir la coopération régionale et de renforcer les relations qu’elle entretient avec ses voisins orientaux, notamment à travers sa politique de voisinage, le développement de la « synergie mer Noire » et un « partenariat oriental » que le Conseil européen souhaite adopter en mars 2009; il invite à cette fin la Commission à lui soumettre des propositions dès décembre 2008. Le Conseil européen souligne, dans ce contexte, l’importance du prochain sommet entre l’Union européenne et l’Ukraine le 9 septembre.

8.   Le Conseil européen décide la nomination d’un représentant spécial de l’Union européenne pour la crise en Géorgie et demande au Conseil de prendre les dispositions nécessaires à cette fin.

9.   Les événements récents illustrent la nécessité pour l’Europe d’intensifier ses efforts en matière de sécurité de l’approvisionnement en énergie. Le Conseil européen invite le Conseil, en coopération avec la Commission, à examiner les initiatives à prendre à cet effet, en particulier en matière de diversification des sources d’énergie et des routes d’approvisionnement.

10. La crise en Géorgie place la relation entre l’UE et la Russie à la croisée des chemins. Le Conseil européen considère qu’étant donné l’interdépendance entre l’Union européenne et la Russie, ainsi que les problèmes globaux auxquels elles sont confrontées, il n’y a pas d’alternative souhaitable à une relation forte, fondée sur la coopération, la confiance et le dialogue, sur le respect de l’Etat de droit et des principes reconnus par la Charte des Nations Unies et par l’OSCE. C’est pourquoi nous avons lancé, en juillet dernier, la négociation d’un nouvel accord-cadre entre l’Union et la Russie.

11. Nous appelons la Russie à faire avec nous ce choix fondamental de l’intérêt mutuel, de l’entente et de la coopération. Nous sommes convaincus qu’il est de son intérêt même de ne pas s’isoler de l’Europe. L’Union européenne, pour sa part, s’est montrée disposée au partenariat et à la coopération, dans le respect des principes et des valeurs qui l’animent. Nous attendons de la Russie un comportement responsable, fidèle à l’ensemble de ses engagements. L’Union restera vigilante; le Conseil européen demande au Conseil, avec la Commission, d’examiner attentivement et en profondeur la situation et les différentes dimensions de la relation UE-Russie; cette évaluation devra être engagée dès maintenant et poursuivie notamment dans la perspective du prochain sommet prévu le 14 novembre à Nice. Le Conseil européen donne mandat à son président de poursuivre les discussions en vue d’une application intégrale de l’accord en six points. Dans ce but, le président du Conseil européen se rendra à Moscou le 8 septembre, accompagné du président de la Commission et du Haut Représentant. Tant que le retrait des troupes sur leurs positions antérieures au 7 août n’aura pas été réalisé, les réunions en vue de la négociation de l’accord de partenariat sont reportées.

Armes, Trafic & Raison d’Etat

Mardi la chaîne franco-allemande arte a diffusé un très bon reportage sur le trafic d’armes et la campagne control arms (Contrôlez les armes) d’Amnesty International. Je vous recommande ce film disponible gratuitement pendant quelques jours encore sur le site de la chaîne:

Armes, Trafic & Raison d’Etat

Des milices qui sèment la mort au Congo au travail de citoyens unis dans la campagne Control Arms, Paul Moreira et David André enquêtent au coeur des réseaux opaques de trafics d’armes.

Avec plus de 700 millions d’armes légères en circulation et une production exponentielle, le commerce des armes, aussi florissant qu’opaque, franchit les frontières au mépris du droit international. Les populations civiles, soumises à la violence de dictatures ou de milices incontrôlées, en sont les premières victimes : massacres, viols, exodes et crises sanitaires. Aujourd’hui, si les États-Unis restent les premiers exportateurs d’armes (55 %) devant la Grande-Bretagne, la Russie, la France, Israël et l’Allemagne, de nouveaux acteurs, notamment la Chine, s’imposent sur le marché. Face à cette industrie mondiale qui s’expose officiellement à Paris dans les vitrines du salon Milipol, des réseaux citoyens, réunis par des ONG dans la campagne Control Arms, s’organisent. Leur objectif ? Faire ratifier aux Nations unies un traité international qui interdise l’exportation d’armes vers des régimes coupables de violation massive des droits de l’homme. Alors que 153 pays (sur 192) y sont favorables, les Américains s’y opposent encore, comme l’explique ici sans états d’âme John Bolton, ancien ambassadeur à l’ONU et proche de George W. Bush.
Pour pénétrer dans cette zone grise du commerce des armes et en comprendre les rouages, Paul Moreira et David André, journalistes d’investigation, ont suivi les militants enquêteurs d’Amnesty International, dont les méthodes scientifiques permettent de révéler ces trafics et de dénoncer les gouvernements passant outre les embargos. Banque de données, correspondants locaux : ces activistes pistent sans relâche les réseaux et les intermédiaires invisibles qui les dirigent, comme Leonid Minin, brièvement interviewé par téléphone, ou encore le parrain Victor Bout, arrêté en mars dernier en Thaïlande. Ayant inspiré le film Lord of war avec Nicolas Cage en 2005, tous deux incarnent cette nouvelle génération de parrains qui a émergé après l’effondrement du bloc soviétique.
Les journalistes se sont aussi rendus dans l’est du Congo, là où les combats, nourris par la dissémination des armes, ont causé la mort de cinq millions de civils en dix ans, dans l’indifférence générale. Au Nord-Kivu, ils ont rencontré ces groupes armés qui terrorisent les populations et prolifèrent, avec la complicité d’États voisins et grâce au trafic des minerais précieux. Du terrain aux coulisses, le film démêle peu à peu les fils de ce commerce de la mort pour en dresser un panorama édifiant. Une impunité face à laquelle les militants de Control Arms font figure de nouveaux héros.

Un dossier spécial est disponible sur le site d’arte: http://www.arte.tv/armes

Relance des négociations à Chypre

Chypre

C’est aujourd’hui et sous l’égide des nations unies que reprennent les négociations entre les deux Chypres depuis la partition de l’île en 1974 le long de la ligne verte.

Arrivé au pouvoir en février, le président Chypriote-Grec Demetris Christofias avait promis de relancer les négociations. Le climat semble se réchauffer entre les deux communautés avec la réouverture du point de passage de la rue Ledra au centre de Nicosie il y a 6 mois, ce qui est plutôt bon signe pour ces pourparlers.

Pour aller plus loin, voir la Fiche sur Chypre

Chypre

Chypre

Chypre

Depuis 1974, l’île est séparée en deux. Au nord la République Turque de Chypre-Nord occupe 38% de l’île et au sud se trouve la République de Chypre.

650 000 personnes habitent le sud de l’île alors que 200 000 personnes peuplent le nord (dont près de la moitié sont des colons turcs arrivés après 1974 d’Anatolie). Le PNB est quatre fois plus élevé au Sud qu’au Nord.

La capitale, Nicosie, est symptomatique de la situation de l’île car elle est séparée en deux par la ligne de démarcation entre les 2 Chypre. Par certains cotés, cette séparation peut rappeler la partition de Berlin.

Situation politique:
Au sud, le Président de la République de Chypre est actuellement Demetris Christofias ; il a succédé à Tassos Papadopoulos en février et a promis de relancer des négociations en vue d’une réunification. Au nord, la République turque de Chypre-Nord (RTCN) autoproclamée en 1983 est présidée par Mehmet Ali Talat.

Situation internationale:

Seule la Turquie a reconnu la RTCN alors que la République de Chypre fait pleinement partie de la communauté internationale (ONU, OMC, OSCE, UE, Commonwealth et Conseil de l’Europe).

Les nations unies ont déployé une force de paix (FNUCHYP ou UNFICYP en anglais) en 1964 qui a été réduite à 1 200 hommes en 1995. la FNUCHYP contrôle une zone tampon appellée Buffer Zone et s’étirant de part et d’autres de la ligne de démarcation.

République de Chypre

République de Chypre

Situation militaire:

Au sud, l’armée de la République de Chypre comprends 12 000 hommes Chypriotes-Grecs et quelques milliers de miliaires Grecs pour l’encadrement.

Au nord, l’armée de la RTCN comprends 4 500 hommes Chypriotes-Turcs et une imposante force de 35 000 hommes des forces turques.

La Grande Bretagne a conservé deux bases au sud avec une garnison totale de 3 900 hommes.

Histoire de Chypre au XXe siècle: (Extrait de Wikipedia)

En 1878, le sultan cède au Royaume-Uni l’administration de Chypre en garantie des réformes auxquelles il s’est engagé. À l’issue de la Première Guerre mondiale, le Royaume-Uni annexe unilatéralement Chypre et la transforme en une colonie de la Couronne. En 1931 a lieu un premier soulèvement populaire des Chypriotes grecs pour réclamer l’union avec la Grèce : l’Enosis.

En 1955, les Chypriotes grecs reprennent les armes contre le pouvoir britannique et mènent une lutte pour l’indépendance de l’île. Les Britanniques, afin de préserver leur position et de réprimer le mouvement anticolonialiste, mené majoritairement par les Chypriote grecs, recrutent des milices chypriotes turques en renfort des troupes coloniales. Les accords de Zurich et de Londres de 1959 mettent fin à la lutte anticolonialiste. Chypre devient une république indépendante en 1960, ainsi que membre de l’ONU et du Commonwealth. Le Royaume-Uni, la Turquie et la Grèce deviennent les États garants de l’équilibre constitutionnel. Le traité de garantie accorde, en particulier, un droit d’intervention militaire, sous certaines conditions, aux trois puissances garantes, pour rétablir l’ordre constitutionnel si celui-ci venait à être modifié. La constitution garantit à la minorité chypriote turque un poids politique important (30 % des postes dans la fonction publique et 40 % dans la police) au regard de son poids démographique (18 % de la population), et un droit de veto sur les décisions du parlement, dans un système communautaire que certains jugent analogue à celui du Liban. Il est à signaler que, selon la partie grecque, ces quotas se révélèrent si disproportionnés que durant la période 1960-1962, le nouvel État chypriote eut certaines difficultés à les remplir, par manque de candidats chypriotes turcs.

République Turque de Chypre-Nord

République Turque de Chypre-Nord

En 1961, Chypre devient membre du Conseil de l’Europe. En 1963, le président Makarios propose des amendements à la Constitution de 1960. Cette proposition, connue sous le nom des «treize amendements de Makarios», visait à répondre à la situation de blocage institutionnel persistant depuis plusieurs mois. En effet, les représentants chypriotes grecs et chypriotes turcs usant alternativement, et de manière systématique, de leur droit de veto, sur les propositions issues de l’autre communauté, le blocage était inévitable. Les questions fiscales et de partage de l’administration des villes furent, en 1963, à l’origine de la paralysie complète des institutions sur ces sujets. Aussi, les propositions de Makarios avaient-elles pour but de dénoncer le droit de veto chypriote turc, et plus généralement la pondération excessive des pouvoirs institutionnels. Ce coup de force du président chypriote contribua à exacerber les tensions entre les deux communautés, conduisant à de violents affrontements en décembre 1963. Cet épisode sanglant très controversé dans son déroulement, marque certainement la fin des espoirs de cohabitation pacifique entre les deux communautés, qui n’auront de cesse de se séparer, et de s’affronter dans une lutte fratricide. Profitant de cette situation de tension, la Turquie reprend et actualise une ancienne revendication: la partition de l’île, et la communauté turque, historiquement très liée à Ankara, met en œuvre, partout où elle le peut dans l’île, ce programme de séparation. En ce début d’année 1964, Chypre est à feu et à sang. Les provocations, de toutes parts, se multiplient, et la réponse apportée par le gouvernement est inadaptée. Parallèlement, des milices extrémistes, notamment EOKA B pour les Chypriotes grecs, avivent les tensions en commettant des exactions, certes limitées mais extrêmement violentes. Ces incidents sanglants seront l’occasion pour les Chypriotes turcs de mettre en œuvre leur plan de partition et de se retirer unilatéralement de toutes les instances gouvernementales de l’île pour affaiblir la légitimité du gouvernement et ainsi paralyser l’État chypriote. Les Chypriotes grecs profitent de la politique de la chaise vide, décidée en janvier 1964, par les représentants chypriotes turcs, dans toutes les instances représentatives, pour faire passer des lois rééquilibrant les pouvoirs conformément au prorata démographique. Les Chypriotes turcs, persistent quant à eux dans la logique de la séparation, provoquant de ce fait les conditions de leur mise à l’écart. Le TMT, milice chypriote turque, provoque de manière concertée des incidents, auxquels les Chypriotes grecs répondent de manière toujours plus disproportionnée. Les dirigeants chypriotes turcs poursuivent, durant tout l’hiver 1964, cette politique du pire dans le but de démontrer que leur sécurité est en jeu et que la partition est la seule solution préservant leur existence même. Cette politique se concrétisera, dans les premiers jours de juin, par l’appel de la communauté chypriote turque à la Turquie, pour qu’elle intervienne militairement afin d’assurer sa protection : les troupes turques sont stationnées à Iskenderun et prêtes à intervenir (ce qui accrédite l’hypothèse du plan concerté entre la Turquie et les représentants chypriotes turcs). Toutefois, l’invasion militaire de Chypre sera empêchée in extremis par le président américain Johnson qui intervient personnellement les 5 et 6 juin 1964, afin de calmer les velléités turques, et l’opération projetée par Ankara se soldera par une campagne de bombardement des villages chypriotes grecs, mais sans intervention terrestre. Les États-Unis, par l’intermédiaire de leur ancien chef du département d’État, Dean Acheson, tenteront une médiation secrète entre la Grèce et la Turquie (par ailleurs alliés au sein de l’OTAN) sur la question chypriote afin d’éviter une guerre entre ces deux pays, susceptible de déstabiliser le flanc sud-est de l’OTAN. Ces tentatives se soldent par un échec faisant de Chypre le terrain d’affrontements incessants entre les milices chypriotes grecque et turque, ce qui conduira l’ONU à envoyer un important contingent de casques bleus (UNFICYP) sur l’île en mars 1964.

Suite à la dictature des colonels qui se met en place en Grèce, de nombreux opposants se réfugient à Chypre. Le 15 juillet 1974 la garde nationale dirigée par des officiers grecs lance une tentative de coup d’État contre le président Makarios avec l’aide du groupe armé de l’EOKA B (à ne pas confondre avec l’EOKA qui souhaitait réaliser l’ Enosis, c’est-à-dire l’unification de Chypre à la Grèce). Le 20 juillet, la Turquie intervient militairement prétextant la protection des intérêts de la communauté turque en lançant l’opération Attila, et occupe le Nord de l’île en deux jours (s’assurant le contrôle de 38 % du territoire). En Grèce, le refus de l’armée de s’impliquer plus avant dans ce conflit marque la fin de la dictature des colonels. Une fois la république chypriote restaurée, la Turquie refuse de se retirer et impose la partition du pays de part et d’autre de la «ligne verte» (appelée «ligne Attila» par les Turcs). 200 000 Chypriotes sont contraints à l’exode entre 1974 et 1975, chassés du territoire occupé par la Turquie; les Turcs sont forcés de s’installer au nord en 1975 à la demande de leur leader Rauf Raif Denktaş, lors de pourparlers à Vienne (Autriche). Le 13 février 1975 se met en place un État, « la République des turquisants » de Chypre du Nord en 1983 qui n’est reconnu que par la Turquie. L’ONU a désapprouvé cette occupation dans sa résolution 541 du 18 novembre 1983. L’UNFICYP prend le contrôle de la ligne verte et fait respecter le cessez-le-feu. La Turquie mène alors des campagnes successives d’émigration forcée vers la partie occupée de Chypre (systématiquement condamnées par des résolutions de l’ONU) afin renforcer son poids démographique et turquiser le Nord de l’île. Ainsi, on compte aujourd’hui sur l’île environ 80 000[réf. nécessaire] colons venus de Turquie.

En 2003 la perspective de l’entrée de Chypre dans l’Union européenne permet un premier dégel, avec l’ouverture de points de passages sur la ligne verte, et une mission de bons offices du secrétaire des Nations unies, Kofi Annan. Mais le plan Annan, intervenant après trente ans de négociations infructueuses et proposant d’instaurer un État confédéral, autorisant chaque état confédéré ainsi créé à empêcher l’installation de plus d’un tiers de résidents de l’autre communauté sur son sol, accepté à plus de 65 % par les habitants du nord de l’île, est rejeté à 70 % par ceux du sud lors d’un référendum. Au cours de ce référendum, pour la première fois, des manifestations massives ont eu lieu dans la partie occupée de Chypre, au cours desquelles la communauté chypriote turque a contesté ouvertement la tutelle d’Ankara, et exprimé son souhait de voir la Turquie s’occuper moins des affaires institutionnelles chypriotes turques. Le 1er mai 2004, la République de Chypre entre dans l’Union européenne avec une partie de son territoire toujours occupée militairement par la Turquie. La reprise des négociations entre les deux parties, et tout progrès vers une solution à ce conflit qui sépare de fait les deux communautés depuis plus de quarante ans, semble désormais largement conditionnée par l’avancée des négociations sur l’adhésion de la Turquie à l’Europe. La création depuis 2005 de points de passage d’un côté vers l’autre, permettant aux populations de renouer des contacts donne une lueur d’espoir en vue d’une amélioration de la situation.

Le 3 avril 2008, malgré l’opposition de l’armée turque, la rue Ledra dans le centre de Nicosie, coupée en deux par un mur depuis 1964, est rouverte et devient le premier point de passage du centre de la ville.

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Israël aurait projeté une attaque contre l’Iran depuis la Géorgie

S’il y a un pays qui a une curieuse tendance à attirer toutes les théories du complot et qui ne s’appelle pas les Etats-Unis, c’est bien Israël. L’état Hébreu se retrouve régulièrement - à tord ou à raison - au centres de d’étranges et diverses rumeurs ou informations (la frontière entre les deux est parfois un peu floue).

Dernier scoop en date, une tentative de bombardement de l’Iran par Israël depuis le territoire Géorgien avec l’aval de la maison blanche mais empêchée par le conflit avec la Russie.

C’est sous la plume électronique de Brian Harring dans l’article publié le 21 août intitulé “Israël and the Téhéran attack” que se développe cette thèse.

Voici quelques extraits de l’article traduit de l’anglais avec une brève analyse (Source de la traduction: Site internet de la chaine libanaise Al-Manar TV)

Israël projetait une opération sous faux pavillon contre l’Iran à partir de la Géorgie

« … Le Colonel Anatoly Nogovitsyn, vice chef d’état major russe, a dit qu’Israël avait fourni des armes à la Georgie, dont des systèmes d’armement comprenant 8 types d’avions sans pilote et environ 100 mines anti tanks. La présence israélienne comprenait des forces spéciales de l’armée israélienne, du personnel de l’armée de l’air israélien, des agents du Mossad et d’autres groupes israéliens, dont des mercenaires, tous travaillant en complète coopération avec les forces américaines, pour entraîner et équiper les nouvelles forces armées georgiennes.

En même temps, Israël se préparait à envoyer certains de ses avions de combat en Georgie sur des aéroports sud georgiens sous contrôle israélien et à les armer et les équiper pour frapper Téhéran. On doit noter que la distance de Tel Aviv à Téhéran est de 1 600 Km aller, et la distance du sud georgien est de 1149 km aller. Des réservoirs fixés sur les côtés ajoutent entre 900 et 1200 km supplémentaire à la distance à parcourir.

Les avions de l’armée de l’air israélienne prévus pour l’attaque : F-16I Sufa (Storm) avion de combat à deux places conçu et produit spécifiquement pour Israël par Lockheed Martin. Le F-16I a un poids au décollage de 23,600 kg bien plus le précédent F-16S en service dans l’armée de l’air israélienne, et peut être armé de missiles air air de longue et moyenne portée AIM-120, ou AMRAAM, et de missiles AIM-9 Sidewinder ou AGM-65 Maverick qui sont des missiles tactiques air sol (AGM) conçu pour le soutien aérien rapproché.

F-16 Israélien

F-16 Israélien

Ces missiles sont efficaces contre une large palette de cibles tactiques, dont les blindages, les systèmes de défense anti aériens, les bateaux, les moyens de transport terrestres et les installations de stockage de carburant. Auraient été impliquées, douze unités appartenant à l’escadrille 107 de l’armée de l’air israélienne dénommée « Knights of the Orange Tail », habituellement stationnée à Hatzerin .

L’attaque aérienne du premier groupe israélien ciblait des bâtiments du gouvernement iranien où on sait que des hauts responsables iraniens travaillent habituellement, des bâtiments d’habitation de la direction politique iranienne, et tout laboratoire identifié comme effectuant un travail en lien avec le nucléaire. Un deuxième groupe devait attaquer les puits de pétrole iraniens, les pipelines et les terminaux pétroliers dans le Golfe Persique. Une fois les deux attaques terminées, les avions devaient regagner Israël ré-approvisionnés en kérosène en plein ciel par un avion cargo américain…”

Selon l’auteur de l’article, le Président G.W.Bush avait connaissance de cette attaque israélienne planifiée car il existe un «document de 2006, dont des copies portant sa signature, ont été postées sur internet et envoyées par mail«. Il affirme également que d’importants documents ont été saisi par l’armée russe lors de sa contre offensive après l’attaque meurtrière lancée par l’armée georgienne contre l’Ossétie du Sud dans la nuit du 7 au 8 août.

Concernant ces documents saisis outre des documents fournissant des renseignements classifiés sur l’OTAN, y figureraient également des documents contenant des informations détaillées sur les pratiques de combat de l’armée israélienne. Peu de temps après le début de la guerre en Georgie et après avoir révélé la participation d’anciens militaires de l’armée israélienne à la formation de l’armée georgienne, les medias israéliens (YNET, Haaretz, JPost) se sont plaints que ces mercenaires en intervenant dans des pays étrangers où ils forment et entraînent des troupes ou des milices para militaires, bradaient les secrets de l’armée israélienne pour s’enrichir.

Dans un autre article paru le 24/08/08 et intitulé « Death from the skies », Brian Harring affirme que l’armée russe avait fait prisonniers 22 soldats georgiens à Poti dont 2 juifs yéménites qui étaient déguisés en arabe. L’un d’entre eux portait un paquet de rapports enveloppés dans du papier plastique et scotchés sur son dos.

Selon lui ce paquet contenait des documents portant sur « des questions de sécurité au plus haut niveau», et «concernait le plan en cours de parquer des avions de combats israéliens à la base militaire aérienne de Mameuli , à 20 km au sud de Tbilisi et que ces avions de combats étaient prévus pour mener un raid aérien spécial contre la capitale iranienne, Téhéran. Il était prévu que 6 de ces avions seraient utilisés, 3 pour attaquer la ville elle-même et 3 pour attaquer des installations pétrolières iraniennes ciblées.»

Toujours selon Harring, « les documents israéliens saisis, tous écrits en hébreu, quand ils ont été traduits par le renseignement militaire russe le GRU ont livré des informations quelque peu différentes. Tandis qu’un vol était effectivement prévu pour attaquer différentes installations pétrolières iraniennes, le deuxième vol était prévu pour larguer des bombes chimiques au dessus de Téhéran.

Ces bombes, conçues pour exploser à une altitude programmée, étaient remplies d’une arme biologique à l’anthrax , et celui-ci était stocké dans une boîte spécialement scellée dans les bureaux diplomatique US à Tsibili, provenant de Fort Detrick * dans le Maryland et leur expédition avait l’approbation du Président lui-même. Autre côté tordu de ce complot bizarre c’est que les avions fabriqués aux US auraient eu leurs emblèmes israéliens masqués par des emblèmes américains appliqués à la peinture à l’eau facilement effaçable lors du retour des vols en Georgie. »

Harring affirme qu’apparemment les Américains n’étaient pas au courant de la partie faux pavillon de l’opération, et que les Russes, dés qu’ils ont appris tout cela ont immédiatement prévenu leur ambassade à Téhéran.

Chacun en pense ce qu’il veut, je me garderai bien de commenter cette information, n’ayant pas les moyens de la confirmer ou de l’infirmer.

Le fameux traité en 6 points pour la Géorgie

On en parle depuis le début, mais l’avez-vous lu ce fameux traité en 6 points proposé par la France et signé par les présidents Géorgien et Russe?

En voici le contenu:

Protocole d’accord

1/ Ne pas recourir à la force.

2/ Cesser les hostilités de façon définitive.

3/ Donner libre accès à l’aide humanitaire.

4/ Les forces militaires géorgiennes devront se retirer dans leurs lieux habituels de cantonnements.

5/ Les forces militaires russes devront se retirer sur les lignes antérieures au déclenchement des hostilités. Dans l’attente d’un mécanisme international, les forces de paix mettront en oeuvre des mesures additionnelles de sécurité.

6/ Ouvertures de discussions internationales sur les modalités de sécurité et de stabilité en Abkhasie et en Ossétie du Sud.

Pas de quoi fouetter un chat, et surtout bien trop vague pour avoir des effets.

Deux remarques toutefois:

Voir en PDF

L’attitude des médias dans le conflit russo-géorgien

Reporter de guerre

Reporter de guerre

La Russie est devenue une grande puissance, c’est ce qui inquiète

a déclaré Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères.

Doit-on voir dans cette affirmation la cause de l’incroyable partialité des médias occidentaux? Sans doute.

Les conflits sont toujours beaucoup plus faciles à suivre quand le monde connait les gentils et connait les méchants. Les rôles ont été très vite distribués et le casting semblait courru d’avance. Dans le cas du Kosovo, la Serbie était le méchant qui devait accepter la cessetion d’une de ses minorités alors que dans le cas de l’Ossétie, la Géorgie est le gentil qui doit à tout prix maintenir son intégrité territoriale face à l’ogre Russe qui a su saisir le premier prétexte venu pour venir envahir le bastion de la liberté.

Qui a fait quoi pour précipiter le conflit entre la Russie et la Géorgie ? La question importe peu.

Pourtant je trouve qu’un grand nombre de questions mérite d’être posé:

Au final j’en arrive surtout à la conclusion que, de l’autre côté de l’atlantique, on essaie surtout de raffermir son emprise sur une alliance occidentale plus ressérée.

L’administration Bush ne cesse de provoquer la Russie pour en faire un adversaire de poids qui ferait assez peur pour pousser les pays européens dans les bras de l’OTAN et donc des Etats-Unis. Les signes de cette provocation ne manquent pas: missiles américains en Pologne et république Tchèque, extension de l’OTAN à l’Ukraine et à la Géorgie, sourde oreille aux cris désespérés de la Russie contre la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo, …

Le rôle de super-gendarme du monde ne peut pas être assuré par les Etats-Unis sans un ennemi identifié, et facilement identifiable. C’est pour cela que l’on assiste depuis quelques années à l’apparition épisodique de grands méchants censés effrayer le bon peuple occidental.

Si la peur d’Al Qaeda a en partie fonctionné, la tentative de présenter l’Irak comme la grande menace de la paix dans le monde a fait le flop que l’on connaît et la question iranienne ne fait pas l’unanimité.

En jouant la carte de la Russie, les Etats-Unis tentent de ressusciter la peur des chars russes prêts à tout renverser sur leur passage dans la quête d’un nouvel empire post-soviétique (A propose d’extension impérialiste, n’est ce pas exactement ce que font les Etats Unis via l’OTAN et leurs bases disséminées partout dans le monde?)

Pour développer ce sentiment de peur face à la Russie, les médias se sont mis au pas.

Le président géorgien, à l’inverse de son homologue Russe, a su dès le départ de quelle façon accaparer l’attention des médias occidentaux. On n’a vu que lui - surtout à la télévision - s’exprimant directement en anglais ou en français pendant toute la durée de la crise et jouant avec brillo sur l’effet David contre Goliath.

Peut être serait-il temps de rétablir l’équilibre de la couverture médiatique de ce conflit. Mais malheureusement pour l’impartialité de la presse, l’actualité Afghane et ses 10 militaires français tués sont arrivés à point nommé pour reléguer l’affrontement en Géorgie au second plan. Le mondre ne connaîtra jamais la version longue de cette histoire.

Pour aller un peu plus loin, je vous conseille l’article qui s’appelle Ossétie-Géorgie: la grande manipulation sur le blog d’Eric Hoesli.

Qui sont les Ossètes?

On en parle beaucoup ces temps-cis sans bien savoir de quoi on parle. Je vous propose de rectifier le tir en vous guidant vers deux articles qui vous en apprendront plus sur l’histoire de ce peuple.

Bonne lecture.

La Russie reconnait l’indépendance de l’Ossetie du sud et de l’Abkhazie

Dmitri Medvedev

Dmitri Medvedev

On y venait petit à petit puisqu’hier la Douma (Chambre basse du parlement russe) avait appelé le président russe à reconnaître l’indépendance de ces deux provinces géorgiennes et maintenant c’est fait. Dmitri Medvedev l’a ainsi reconnu dans un discours télévisé.

“Tbilissi a fait son choix dans la nuit du 7 au 8 août. Saakachvili a choisi le génocide pour atteindre ses objectifs politiques. Il a ainsi fait une croix sur tous les espoirs de cohabitation pacifique des Ossètes, Abkhazes et Géorgiens dans un même état. Nous comprenons qu’après ce qu’il s’est passé à Tskhinvali et ce qui était planifé en Abkhazie, [Ossètes et Abkhazes] ont le droit de décider eux-mêmes de leur sort

La Géorgie s’est empressé de riposter par la voix du vice-ministre des affaires étrangères que cette indépendance est une “annexion flagrante de ces territoires, qui font partie de la Géorgie”.

Les réactions occidentales n’ont pas tardé:

A lire le commentaire italien, je ne peux m’empêcher de trouver que l’on a la mémoire courte car avec le Kosovo la situation était exactement la même et l’indépendance kosovarde repose également “sur une base ethnique”.

Loin de ces considérations, sur le terrain, des témoins relatent que les scènes de liesse se multiplient dans les deux provinces. “Nous sommes heureux. Nous avons tous les larmes aux yeux. Nous sommes fiers de notre peuple”, a dit à Reuters Aïda Goubaz, avocate de 38 ans. “Après tout ce que nous avons enduré, nous avons maintenant notre récompense.” D’après la correspondante de l’agence Reuters sur place, On pouvait entendre des coups de feu dans le centre Soukhoumi (capitale abkhaze), tandis que des gens ouvraient des bouteilles de champagne et que de nombreuses autres pleuraient de joie.

23 août - Entretien téléphonique entre N.Sarkozy et D.Medvedev

ENTRETIEN TELEPHONIQUE
DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
M. NICOLAS SARKOZY,
AVEC LE PRESIDENT DE LA FEDERATION DE RUSSIE,
M. DMITRI MEDVEDEV
COMMUNIQUE
DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

(Paris, 23 août 2008)

Comme ils en étaient convenus, le président de la République française Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil de l’Union européenne, et le président de la Fédération de Russie Dmitri Medvedev ont eu ce jour une conversation téléphonique.

Le président Sarkozy a remercié le président Medvedev d’avoir tenu ses engagements concernant le retrait des troupes russes.

Les deux chefs d’Etat sont convenus de l’importance de mettre en œuvre pleinement les six points de l’accord de cessez-le-feu.

Ils ont évoqué en détail le point 5 de l’accord, relatif aux mesures additionnelles de sécurité. Ils se sont notamment accordés sur l’urgence de la mise en place d’un mécanisme international sous l’égide de l’OSCE, pour remplacer les patrouilles russes dans la zone de sécurité au sud de l’Ossétie. Le président Sarkozy a souhaité que l’Union européenne apporte sa pleine contribution à ce mécanisme international.

Concernant la zone adjacente à l’Abkhazie, le président Sarkozy a insisté sur l’importance du retrait rapide des militaires russes présents sur l’axe Poti/Senaki.

Les deux chefs d’Etat se sont accordés sur la nécessité de l’adoption rapide d’une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies.

Les deux chefs d’Etat sont convenus de rester en étroit contact au cours des prochains jours./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Rien de très passionnant dans cette conversation mais je note que son contenu est bien moins ferme et impératif que ce que l’on peut lire dans la presse.

Source: site du ministère des affaires étrangères