L’attitude des médias dans le conflit russo-géorgien

Reporter de guerre

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La Russie est devenue une grande puissance, c’est ce qui inquiète

a déclaré Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères.

Doit-on voir dans cette affirmation la cause de l’incroyable partialité des médias occidentaux? Sans doute.

Les conflits sont toujours beaucoup plus faciles à suivre quand le monde connait les gentils et connait les méchants. Les rôles ont été très vite distribués et le casting semblait courru d’avance. Dans le cas du Kosovo, la Serbie était le méchant qui devait accepter la cessetion d’une de ses minorités alors que dans le cas de l’Ossétie, la Géorgie est le gentil qui doit à tout prix maintenir son intégrité territoriale face à l’ogre Russe qui a su saisir le premier prétexte venu pour venir envahir le bastion de la liberté.

Qui a fait quoi pour précipiter le conflit entre la Russie et la Géorgie ? La question importe peu.

Pourtant je trouve qu’un grand nombre de questions mérite d’être posé:

Au final j’en arrive surtout à la conclusion que, de l’autre côté de l’atlantique, on essaie surtout de raffermir son emprise sur une alliance occidentale plus ressérée.

L’administration Bush ne cesse de provoquer la Russie pour en faire un adversaire de poids qui ferait assez peur pour pousser les pays européens dans les bras de l’OTAN et donc des Etats-Unis. Les signes de cette provocation ne manquent pas: missiles américains en Pologne et république Tchèque, extension de l’OTAN à l’Ukraine et à la Géorgie, sourde oreille aux cris désespérés de la Russie contre la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo, …

Le rôle de super-gendarme du monde ne peut pas être assuré par les Etats-Unis sans un ennemi identifié, et facilement identifiable. C’est pour cela que l’on assiste depuis quelques années à l’apparition épisodique de grands méchants censés effrayer le bon peuple occidental.

Si la peur d’Al Qaeda a en partie fonctionné, la tentative de présenter l’Irak comme la grande menace de la paix dans le monde a fait le flop que l’on connaît et la question iranienne ne fait pas l’unanimité.

En jouant la carte de la Russie, les Etats-Unis tentent de ressusciter la peur des chars russes prêts à tout renverser sur leur passage dans la quête d’un nouvel empire post-soviétique (A propose d’extension impérialiste, n’est ce pas exactement ce que font les Etats Unis via l’OTAN et leurs bases disséminées partout dans le monde?)

Pour développer ce sentiment de peur face à la Russie, les médias se sont mis au pas.

Le président géorgien, à l’inverse de son homologue Russe, a su dès le départ de quelle façon accaparer l’attention des médias occidentaux. On n’a vu que lui - surtout à la télévision - s’exprimant directement en anglais ou en français pendant toute la durée de la crise et jouant avec brillo sur l’effet David contre Goliath.

Peut être serait-il temps de rétablir l’équilibre de la couverture médiatique de ce conflit. Mais malheureusement pour l’impartialité de la presse, l’actualité Afghane et ses 10 militaires français tués sont arrivés à point nommé pour reléguer l’affrontement en Géorgie au second plan. Le mondre ne connaîtra jamais la version longue de cette histoire.

Pour aller un peu plus loin, je vous conseille l’article qui s’appelle Ossétie-Géorgie: la grande manipulation sur le blog d’Eric Hoesli.

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Commentaires

Et c’est la Géorgie qui a attaqué la Russie en premier !

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